📖 La Compagne rejetée du Duc de Sang
Le Médaillon de Mère
Le jour se levait à peine sur Paris quand Élodie Marchand quitta l'orphelinat Saint-Vincent, le journal de sa mère serré contre sa poitrine. Elle avait lu l'adresse une centaine de fois : « Château de Chambord, aile est, sous la lune gibbeuse. » La lune, cette nuit, était gibbeuse. Une coïncidence ?
Elle n'y croyait plus. Elle avait besoin de réponses, et ce château semblait les détenir. Elle marcha d'un pas décidé vers la sortie de la ville, ignorant les regards curieux des passants. Elle n'avait ni argent ni bagages, seulement le médaillon autour de son cou et le journal dans sa poche.
Elle se dirigea vers la route nationale, le pouce levé. Après deux heures d'attente, une camionnette s'arrêta. Le conducteur, un vieil homme au visage buriné, accepta de la déposer à Blois. Pendant le trajet, elle feuilleta le journal, cherchant d'autres indices.
Les pages parlaient de chasse, de protection, de secrets. Elle sentit que sa mère était une femme forte, déterminée. Elle voulut en savoir plus. En fin d'après-midi, elle arriva aux abords du domaine de Chambord.
Les grilles imposantes étaient gardées par deux hommes en noir, aux yeux rouges. Des vampires. Elle prit une profonde inspiration et s'approcha, le médaillon à la main. Les gardes la virent approcher et se raidirent.
« Que voulez-vous ? » demanda l'un d'eux d'une voix froide. Élodie déglutit, mais ne recula pas. « Je suis Élodie Marchand.
Je viens pour l'aile est, sous la lune gibbeuse. » Elle tendit le médaillon. Le garde le prit, l'examina, puis échangea un regard avec son collègue. « Attendez ici.
» Il disparut à l'intérieur, revint quelques minutes plus tard. « Suivez-moi. » Il la conduisit à travers des couloirs sombres, jusqu'à une porte en bois massif. « L'aile est est par là.
Vous êtes attendue. » Élodie entra. La pièce était vide, poussiéreuse, comme si personne n'y avait mis les pieds depuis des décennies. Elle chercha des indices, scrutant les murs.
Soudain, elle remarqua une inscription gravée dans la pierre, à hauteur d'œil. Elle s'approcha, déchiffra les lettres : « Ma chère fille, si tu lis ceci, c'est que tu as trouvé le chemin. Je suis une chasseuse de vampires. Ce médaillon contient un sort de protection.
Utilise-le quand le danger sera là. » Élodie sentit son cœur battre. Une chasseuse ? Elle n'en revenait pas.
Elle toucha le médaillon, sentit une chaleur étrange. À cet instant, une ombre surgit derrière elle. Un homme masqué, un poignard à la main. Il visa son épaule.
La lame s'enfonça dans sa chair, arrachant un cri de douleur. Élodie tomba à genoux, la main sur la blessure. L'assassin leva de nouveau son arme. Désespérée, elle serra le médaillon.
Une lumière aveuglante en jaillit, formant une barrière autour d'elle. L'assassin fut repoussé violemment, heurtant le mur opposé. Il resta immobile, inconscient. La barrière s'estompa lentement, et Élodie s'effondra, épuisée.
Élodie gisait sur le sol froid, le souffle court. La douleur à l'épaule était lancinante, mais elle se sentait étrangement vivante. Elle avait activé le sort de protection, comme sa mère l'avait écrit. Ce médaillon était plus qu'un bijou : c'était un héritage, une arme.
Elle comprit que sa mère n'était pas une simple femme, mais une guerrière. Cette révélation changeait tout. Elle n'était plus une orpheline sans défense, mais la fille d'une chasseuse. Elle avait du sang de chasseuse dans les veines.
Cette pensée lui donna la force de se relever. Elle ramassa le journal, le serra contre elle. Elle devait découvrir la vérité sur sa mère, sur son père, sur ce monde de ténèbres. Elle savait que le danger n'était pas fini.
Isabeau avait envoyé un assassin, et elle ne s'arrêterait pas là. Mais Élodie avait maintenant un avantage : elle connaissait son héritage. Elle pouvait se défendre. Elle regarda le médaillon, sentit sa chaleur.
Elle n'était plus seule. Elle avait un but, une mission. Elle allait percer le mystère de ses origines, et elle le ferait à sa manière. La barrière s'était dissipée, laissant Élodie seule dans la pénombre.
Elle entendit des pas précipités dans le couloir, des voix étouffées. Quelqu'un venait. Elle tenta de se relever, mais ses jambes refusèrent de la porter. Elle retomba, les yeux mi-clos.
La dernière chose qu'elle vit avant de sombrer dans l'inconscience fut une silhouette familière qui se précipitait vers elle. L'assassin est repoussé, mais Élodie s'effondre, épuisée, tandis que la barrière s'estompe. Raphaël, alerté par l'activation du sort, se précipite vers Chambord.






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