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📖 Le Contrat du Milliardaire

Une Dette Inattendue

745 words

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Léa fixe l'écran de la banque, le refus de prêt confirmant que l'opération de sa mère est désormais hors de portée. Le conseiller, un homme aux tempes grisonnantes, évite son regard. « Je suis désolé, mademoiselle Dubois, mais votre dossier ne remplit pas les critères. » Elle serre les poings sous le comptoir, sentant le poids des nuits blanches et des calculs interminables. 50 000 euros. Une somme qui lui semblait infranchissable, et pourtant elle avait tout tenté : les économies, les amis, les plateformes de financement participatif. Rien. Sa mère, allongée à l'hôpital Saint-Louis, attendait une opération qui ne viendrait pas. Léa sortit de la banque, le froid du matin parisien la giflant. Elle marcha sans but, les rues familières de son quartier, entre Barbès et Rochechouart, lui semblant soudain hostiles. Elle croisa des visages pressés, des touristes avec leurs valises, un vendeur de marrons qui lui sourit. Elle ne put lui rendre son sourire. Son téléphone vibra. Marc. Son ex, celui qui l'avait quittée pour une fille plus riche, plus sûre. « Léa, il faut qu'on parle. » Sa voix était tendue, inhabituelle. « J'ai vendu ta dette. » Elle s'arrêta au milieu du trottoir, bousculée par un livreur à vélo. « Quoi ? Quelle dette ? » Marc expliqua, trop vite : un prêt qu'elle avait co-signé pour lui, il y a deux ans, pour sa soi-disant start-up. Elle avait oublié, enterré ce souvenir avec la rupture. « Un type a racheté le prêt. Il s'appelle... je ne sais pas, une société écran. Mais il a dit qu'il te contacterait. » Léa sentit la colère monter, chaude et amère. « Tu m'as laissée avec cette dette ? Et tu la vends à un inconnu ? » Marc balbutia des excuses, mais elle raccrocha. Elle appela immédiatement le numéro de la société de recouvrement indiqué sur les relances qu'elle avait ignorées. Un répondeur. Elle laissa un message, exigeant des explications, la voix tremblante. Elle passa l'après-midi à appeler, à envoyer des courriels, sans réponse. Le lendemain matin, un huissier sonna à sa porte. Il lui tendit un avis de saisie sur ses meubles, son ordinateur, tout ce qui avait de la valeur. « Vous avez huit jours pour payer, mademoiselle. » Léa, les bras croisés, le défia : « Je veux le nom du créancier. C'est mon droit. » L'huissier, impassible, consulta ses papiers. « La créance appartient à la société Delacroix Immobilier, à l'attention de M. Antoine Delacroix. Il est descendu au Ritz, à Paris. » Il tourna les talons. Léa resta seule, le papier froissé dans la main. Elle n'avait pas le choix. Elle enfila son manteau, prit le métro jusqu'à Concorde, et marcha jusqu'au Ritz, le cœur battant. Le hall du Ritz était un écrin de marbre et de dorures, un monde à des années-lumière de son studio de 20 mètres carrés. Léa, malgré son jean et ses baskets, releva la tête. Elle demanda à l'accueil, avec une politesse glaciale, de voir M. Delacroix. L'employé, un homme au costume impeccable, la toisa. « M. Delacroix ne reçoit pas sans rendez-vous. » Léa insista, expliqua qu'elle était là pour une affaire personnelle. L'employé resta inflexible. Elle allait partir, chercher une autre solution, quand une voix s'éleva, non loin. Un homme brun, élégant, parlait avec véhémence à un autre, plus âgé, qui lui ressemblait. « Je t'ai dit que je ne financerai pas ce projet ! » cria le plus jeune. L'autre, d'un ton froid, répondit : « Tu n'as pas le choix, Antoine. » Léa s'arrêta. Antoine Delacroix. C'était lui. Il était encore plus beau que dans les magazines, mais son visage était tendu par la colère. Il tourna la tête, et leurs regards se croisèrent une fraction de seconde. Léa sentit un choc, comme une décharge électrique. Puis il détourna les yeux, ignorant sa présence, et reprit sa dispute. Léa resta figée, réalisant que l'homme qui détenait sa dette, qui pouvait saisir ses biens et condamner sa mère, était ce milliardaire arrogant. Elle prit une profonde inspiration. Elle allait devoir l'affronter, coûte que coûte. Léa s'avança vers les deux hommes, mais avant qu'elle puisse parler, l'aîné, d'un geste sec, tourna les talons et sortit du hall. Antoine resta seul, les poings serrés. Léa allait l'aborder quand un autre homme, plus jeune, vêtu d'un costume gris, s'approcha d'Antoine et lui murmura quelque chose à l'oreille. Antoine hocha la tête et se dirigea vers les ascenseurs. Léa le suivit des yeux, puis, résolue, elle s'élança à sa suite. En entrant dans le hall du Ritz, elle aperçoit Antoine Delacroix en pleine dispute avec un homme qui lui ressemble.
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