Camille raccrocha, le visage pâle, les mots de Marc résonnant encore dans sa tête. Il exigeait qu'elle renonce à ses droits sur l'entreprise en échange de son silence sur Élise. Mais elle ne pouvait pas laisser Élise être exposée. Elle devait la retrouver avant que Marc ne passe à l'acte.
Sans réfléchir davantage, elle attrapa son sac et se précipita hors de l'atelier, laissant derrière elle les vitrines étincelantes et les outils de son père. Dans la rue, elle héla un taxi, donnant l'adresse de la gare de Lyon. Pendant le trajet, elle composa le numéro de son ancien professeur de gemmologie, une femme discrète qui connaissait tous les réseaux de la joaillerie. Après quelques minutes de conversation, elle obtint une piste : Élise se cachait dans un couvent en Bourgogne, sous une fausse identité.
Camille nota l'adresse sur un bout de papier, le cœur battant. Elle devait agir vite, avant que Marc ne mette ses menaces à exécution. Le train pour Dijon était bondé, mais Camille trouva une place près de la fenêtre. Elle sortit son téléphone et vit les appels manqués d'Arthur.
Il avait dû remarquer son absence. Elle coupa le son, refusant de lui parler. Elle ne pouvait pas lui faire confiance, pas après ce qu'elle avait découvert. Elle repensa aux menaces de Marc, à la photo d'Élise, à la détresse dans les yeux de cette jeune femme.
Elle devait la protéger, même si cela signifiait désobéir à Arthur. Le paysage défilait, vert et paisible, contrastant avec le tumulte de ses pensées. À l'arrivée, elle prit un taxi pour le village, un petit bourg endormi. Le couvent se dressait au bout d'une allée bordée de tilleuls.
Une sœur l'accueillit, méfiante, mais Camille prononça le nom d'Élise et la sœur hocha la tête. Elle la conduisit dans un parloir aux murs blancs, où Élise entra quelques minutes plus tard. Elle était plus mince que sur la photo, le visage marqué par la peur. Camille se leva, tendit la main, mais Élise recula, les yeux méfiants.
« Qui êtes-vous ? » demanda-t-elle d'une voix tremblante. Camille expliqua qu'elle était envoyée par Arthur, mais Élise secoua la tête. « Je ne veux pas le voir.
Il m'a fait enfermer ici. » Camille tenta de la rassurer, de lui dire qu'elle était là pour l'aider, mais Élise semblait sur le point de s'enfuir. Soudain, la porte s'ouvrit à la volée. Arthur se tenait sur le seuil, le visage rouge de colère.
« Camille ! » s'exclama-t-il. Élise poussa un cri et se précipita vers la porte du jardin. Arthur s'avança, ignorant Camille, et appela sa sœur, mais Élise avait déjà disparu entre les buissons.
Camille se tourna vers lui, furieuse. « Pourquoi m'as-tu suivie ? » demanda-t-elle. « Parce que tu as pris une décision dangereuse sans me consulter !
» rétorqua-t-il. « Tu as mis ma sœur en danger ! » Camille serra les poings. « Je voulais la protéger, pas la mettre en danger.
Mais tu ne me fais pas confiance. » Ils se dévisagèrent, chacun campant sur ses positions. Puis Arthur soupira, passant une main dans ses cheveux. « Je suis désolé, Camille.
J'ai eu peur. Élise est fragile, et je ne supporte pas l'idée qu'elle souffre. » Camille sentit sa colère retomber. « Moi aussi, je veux la protéger.
Marc la menace, et je ne peux pas le laisser faire. » Ils restèrent un instant silencieux, conscients de partager le même but. « Nous devons la retrouver, dit Arthur. Avant qu'elle ne fasse une bêtise.
» Camille acquiesça. Ils se mirent à chercher dans le jardin, appelant Élise, mais elle restait introuvable. Soudain, ils entendirent un bruit derrière un massif de roses. Arthur s'approcha, mais Élise surgit, courant vers la grille.
Camille la vit disparaître dans le village, le cœur serré. Ils la cherchèrent partout, mais Élise semblait s'être volatilisée. Arthur sortit son téléphone pour appeler son détective, tandis que Camille scrutait la rue déserte. Soudain, une silhouette apparut au bout de l'allée.
Arthur fait irruption, et Élise, effrayée, s'enfuit dans le jardin.






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