Le souffle court, Camille s'écarta d'Arthur, mais ses doigts restèrent crispés sur le revers de son smoking. Les flashs crépitaient encore, immortalisant l'instant où il avait scellé leur pacte d'un baiser. Dans la limousine qui les ramenait au manoir, le silence était lourd, chargé de l'électricité de leur étreinte. Camille fixa la vitre, où se reflétait son propre trouble.
Elle ne pouvait plus nier l'évidence : ce baiser n'était pas qu'une mise en scène. Elle se tourna vers Arthur, les yeux brillants de colère et de confusion. « Pourquoi as-tu fait ça ? » demanda-t-elle, la voix tremblante.
« C'était pour les journalistes, ou pour toi ? » Arthur ne répondit pas immédiatement. Il ajusta sa cravate, évitant son regard. « Ça fait partie du contrat, Camille.
Nous devons être crédibles. » Mais sa voix manquait de conviction, et Camille le savait. Camille se pencha en avant, forçant Arthur à la regarder. « Ne me prends pas pour une idiote.
Ce baiser, c'était plus que de la comédie. Je l'ai senti. » Arthur passa une main dans ses cheveux, un geste d'agacement qu'elle ne lui connaissait pas. « Tu interprètes trop.
Nous avons un accord, et je le respecte. » Elle ricana, amère. « Un accord ? Tu m'as embrassée devant la moitié de Paris, sans me demander mon avis.
Où est le respect dans ça ? » La limousine ralentit dans une rue étroite, les réverbères éclairant par intermittence le visage d'Arthur. Il soupira, les mâchoires serrées. « Je n'avais pas le choix.
La journaliste de Voici était sur le point de publier une photo de ma sœur. Il fallait détourner l'attention. » Camille se figea. « Ta sœur ?
C'est elle, sur la photo ? » Arthur acquiesça, mais ne développa pas. « Je ne peux pas t'en dire plus. C'est une affaire personnelle.
» Camille sentit la frustration monter. « Nous sommes censés être partenaires, Arthur. Si tu me caches des choses, comment veux-tu que je te fasse confiance ? » Il se tourna vers elle, ses yeux sombres reflétant une lueur de vulnérabilité.
« La confiance se gagne, Camille. Et toi, tu me caches aussi des choses. » Elle ouvrit la bouche pour protester, mais il l'interrompit. « Ton cousin Marc, par exemple.
Tu sais qu'il est dangereux, mais tu ne m'as pas tout dit. » Camille se tut, prise au piège. Elle avait ses propres secrets, et il le savait. Le silence retomba, plus pesant que jamais.
La limousine s'arrêta devant le manoir. Camille sortit la première, sans attendre Arthur. L'air nocturne était frais, mais elle sentait encore la chaleur de son corps contre le sien. Elle marcha vers la porte, les talons claquant sur le gravier.
Arthur la rattrapa et lui saisit le poignet. « Camille, attends. » Elle se retourna, le visage fermé. « Quoi encore ?
» Il la lâcha, comme si le contact la brûlait. « Je sais que tu es en colère. Mais ce baiser... il n'était pas que stratégique.
» Camille sentit son cœur manquer un battement. « Alors pourquoi ne pas être honnête avec moi ? » demanda-t-elle, la voix plus douce. Arthur baissa les yeux, puis les releva, plantant son regard dans le sien.
« Parce que j'ai peur que la vérité te fasse fuir. » Camille resta interdite. Elle avait toujours cru qu'il était maître de lui, insensible. Mais là, il semblait vulnérable, presque humain.
Elle fit un pas vers lui, mais il recula. « Pas maintenant, Camille. Pas ici. » Il tourna les talons et ouvrit la porte du manoir.
Elle le suivit, le cœur en désordre. Elle était attirée par lui, malgré tout. Mais elle ne céderait pas tant qu'il ne serait pas transparent. Elle en fit le serment silencieux.
Ils entrèrent dans le hall, encore tendus. Camille ôta son manteau, les doigts engourdis par le froid et l'émotion. Arthur alluma une lampe, projetant des ombres dansantes sur les murs lambrissés. C'est alors qu'elle aperçut une enveloppe blanche glissée sous la porte.
En rentrant au manoir, ils trouvent une enveloppe glissée sous la porte, contenant des photos d'eux au gala avec un message menaçant.






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